L’océan Indien, les îles Cocos, La Réunion

 

Comme une envie de reprendre le large.

Nous sommes le samedi 7 octobre et aujourd’hui nous reprenons la mer, enfin. Enfin parce-que nous sommes tous impatients de reprendre le large. Depuis 3 jours nous nous préparons : faire des courses, acheter du gasoil  et de l’eau, trouver du gaz. Hier nous avons fait les formalités de sortie, qui sont un vrai calvaire. Il faut faire 4 bureaux différents, parfois 2 fois, pour faire tamponner tout un tas de papiers au milieu desquels même les fonctionnaires se perdent. Franchement c’est la galère leur système. Et puis il y du monde partout, de la poussière, de la pollution, et une chaleur presque insoutenable sans la brise marine. En bref, nous sommes plus qu’impatients de lever l’ancre et quitter ce mouillage tout pourris, au milieu des épaves et de la pollution. Voilà.

A part ça, Bali c’était vraiment génial, les gens sont adorables – en tout cas dans les endroits peu touristiques – la nourriture est excellente et certains paysages à couper le souffle. Le problème c’est le tourisme justement, omniprésent et de masse. Ce sont surtout des Australiens, des Chinois et des Japonais. L’île vie essentiellement du tourisme et c’est tant mieux, mais cela change quand même le rapport avec les locaux, pour lesquels nous sommes de véritables portefeuilles sur pattes.

La culture Indonésienne est riche et son histoire remonte aux origines des civilisations. Il y a énormément de temples, parfois très vieux et la majorité de la population est très croyante. Musulmans et Hindouistes pour la plupart, les Balinais peuvent être superstitieux, surtout lors d’un risque d’éruption comme nous avons pu vivre à Amed, dans le nord, au pied du volcan Agung. A Amed, ou le tourisme est moins présent, il est possible de faire de très belles rencontres, d’échanger, de partager sa culture. Si jamais vous vous y rendez, passez au Warung (Restaurant) Amed Sea View, face à la mer, et saluez la famille de notre part !

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A nous l’indien.

Dimanche 8 Octobre 2017. Distance aux îles Cocos : 1100 milles. Vent du sud-est entre 15 et 20 nœuds. Allure vent arrière à travers. Mer relativement calme avec une houle de 1 à 2m. Vitesse moyenne entre 4,5 et 5 nœuds.

Les deux premiers jours, nous naviguons entre ou à travers les grains, de jour comme de nuit. C’est évident qu’il y a mieux pour repartir en mer, surtout que l’on s’est tapé une méchante averse juste au départ. Mais ces grains ne sont pas très violent, le vent reste modéré et la pluie relativement douce. En tout cas cela ne nous empêche pas d’avancer dans la bonne direction à une allure correcte.

Et puis le soleil se montre petit à petit, nous retrouvons des conditions dignes des tropiques. Nous croisons encore quelques bateaux de pêche indonésiens, toujours en forme de banane. En revanche nous, nous ne pêchons rien… Pourtant toutes nos lignes sont à l’eau et notre vitesse est raisonnable. Mais bon parfois c’est comme ça, soit il n’y a pas tellement de poissons dans cette partie de l’indien parce que les pêcheurs indonésiens ont tout pêché, soit les poissons n’ont pas faim.

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Mercredi 11 Octobre. Distance aux îles Cocos : 630 milles. Le vent a tourné plus au sud et à un peu forci, 20 nœuds établis. Allure travers. L’état de la mer reste stable, avec quelques grosses vagues en plus. Vitesse moyenne entre 5,5 et 6,5 nœuds.

Ces deux derniers jours, le temps est plus maussade, les nuages gris ont envahis le ciel bleu et nous ne voyons pas trop le soleil, ce qui ne change en revanche presque rien aux températures. Toujours pas de poissons au bout de nos hameçons, mais nous ne croisons plus de bateaux de pêche, nous sommes désormais trop loin des côtes, en dehors de leur rayon d’action.

Cette nuit, Robin dormait à l’avant et, comme toujours ou presque, le hublot était resté ouvert. Une vague plus grosse que les autres est venue déferler sur le pont avant de s’engouffrer par le hublot pour finir sur le dos du malheureux équipier, réveillé en sursaut, trempé. Il a été bon pour changer les draps et surtout, fermer le hublot bien serré.

La vie à bord est cadencée par les quarts, les repas, le travail et la détente. Nous avons repris nos habitudes sur Ekolibri, au creux ou au sommet des vagues, avec toujours une oreille attentive et un œil sur l’horizon. La quiétude de l’océan nous apaise et rythme nos journées ainsi que nos nuits. C’est comme si nous menions une double vie : à terre, puis en mer, et c’est tout à fait différent.  

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Les îles Cocos, notre dernier Atoll.

Le lundi 16, nous arrivons à « Direction Island » dans l’archipel des îles Cocos Keeling qui sont des îles Australiennes, à 2200 km au nord-ouest de l’Australie elle-même. Les derniers jours de navigations ont été un peu mouvementés, et surtout la dernière nuit. Le vent à forci jusqu’à 30 nœuds établis, Brendan a eu le plaisir de se prendre 2h de pluie entre minuit et 3h, et la houle s’est levée, courte mais assez haute. Autant dire qu’à l’intérieur d’Ekolibri, c’était les montagnes russes. Nous étions donc particulièrement soulagés d’entrer dans la passe et d’aller mouiller dans le lagon, à l’abri de la houle, aux alentours de 8h du matin heure Balinaise. Ici il est en fait 5h30, mais nous ne changeons jamais d’heure en navigation et sommes donc toujours décalés aux arrivées. Nous jetons l’ancre en face de Direction Island, l’île de l’atoll qui est reservée aux plaisanciers de passage.

 

Les formalités ici sont vite expédiées, après une rapide visite des coast guards sur le bateau. Un problème entrave cependant le bon déroulement de la matinée, la question des visas. De visas nous n’avons pas, principalement parce que nulle part nous n’avons vu que besoin nous en aurions. Il nous faut donc attendre un petit peu de savoir si nous allons avoir le droit de rester ici ou pas. Quelques heures plus tard, nous sommes autorisé à séjourné dans l’atoll, merci beaucoup les Cocos. Il faut dire qu’il n’y a pas grand monde à passer ni à vivre ici donc tout se fait à peu près sans trop de problème. Nous nous rendons directement sur Direction Island, et sommes ravi de découvrir les aménagements à la disposition des voyageurs : de grandes tables et de grands bancs sous un abri, des toilettes, un grand barbecue et tout un réseau de chemins avec l’histoire de l’île racontée çà et là, c’est parfait. L’île est bordée de sable blanc et d’une eaux transparente, c’est sans conteste un paradis de plus.

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Direction Island, notre nouveau terrain de camping.

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Durant les 4 jours de notre passage dans l’atoll, nous n’irons qu’une seule fois sur l’île principale pour faire de l’eau ainsi que quelques courses, hors de prix. Autrement, nous occuperons nos journées à Direction, à chasser des poissons côté océan et plonger pour le plaisir à la pointe Est, dans le lagon, dans une réserve marine appelée « The Rip », bouillonnante de vie. Le truc trop génial, c’est à marée montante : les vagues de l’océan passent la barrière de corail et créent un courant qui s’engouffre dans un vallon sous-marin. Le courant est assez fort et beaucoup de poissons viennent profiter de l’oxygénation. Nous faisons des apnées à la dérive, sur 20 à 30m, à la rencontre des Carangues, Mérous, Requins à pointe blanche ou noire, etc. L’eau est translucide et les coraux éclatants de couleurs, nous prenons beaucoup de plaisir, à plusieurs reprises.

Au niveau de la chasse c’est un peu moins funky. Côté océan il y a des vagues, l’eau est plus trouble et les requins sont à l’affût. Nous sommes à peu près sûrs qu’ils échangent des informations avec certains poissons que l’on traque. Souvent, au moment de tirer un beau spécimen, un requin débarque, de nulle part. C’est impressionnant. Généralement le poisson en profite pour nous narguer, se rapprochant au plus près, en faisant face, comme s’il savait que nous ne tirerons pas en présence du requin. Enfin nous arrivons tout de même à tirer quelques beaux poissons que nous faisons griller le soir, sur le super barbecue en libre-service. Nous agrémentons ces grillades de riz, coco grillée, lait de coco.

Dès la nuit tombée, les Bernard Lhermitte sortent de leurs trous et se baladent un peu partout sur l’île. Ils sont des centaines et certains atteignent la taille d’une balle de tennis. Si l’on pose un bout de coco sur le dans un endroit un peu éloigné, on peut être sûr que dans les 10 min, il va être pris d’assaut par une horde de Bernard Lhermitte au ralenti. Nous en concluons que leur odorat surdéveloppé compense largement leur vitesse de déplacement.

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Comme une envie de rester encore un peu.

 

4 jours, c’est comme un long week-end. C’est assez long pour que l’on puisse faire plein de choses mais à la fin, on voudrait que ça dure aussi longtemps que des vacances. Pour, nous ils n’y a plus vraiment de week-end, de vacances ou de semaines. Les jours passent et leurs lots d’occupations et de découvertes, sans que l’on sache vraiment si l’on est mardi ou samedi de la 31ème semaine du mois d’avril. Quand même, on se dit que 4 jours c’est quand même trop court, on prendrait bien des vacances.

Malheureusement il nous faut plier bagages pour ne pas trop tarder dans l’indien, l’océan méchamment réputé pour les conditions de navigations qu’il propose parfois, surtout quand arrive la saison des cyclones. Nous rangeons les fusils, dégonflons l’annexe et nous apprêtons à repartir fendre les eaux de ce troisième océan que nous traversons. Nous choisissons de partir le 21 octobre et la météo s’annonce encore mouvementée pour les 3 prochains jours au minimum. Nous devrions avoir beaucoup de vent ainsi qu’une mer bien formée. Du coup on a encore moins envie de partir, de quitter ce petit paradis de cocotiers, plage de sable blanc et lagon.

« Aller les gars c’est bon laissez tomber, c’est mort de toute façon à quoi ça rime de faire un tour du monde ? Une moitié c’est bien suffisant non ? On peut rester ici tranquille hein ? On pêche on chasse on fait des feu et des nuits à la belle étoile et voilà quoi. Pas la peine de chercher plus loin… hein ? »

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Indien, partie 2

Samedi 21 octobre. Départ de Direction Island, Archipel des Cocos Keeling. Distance à la Réunion : 2450 milles. Vent de 25 à 30 nœuds. Allure travers. Cap à 255°. Mer bien formée.

Les prévisions météo se vérifient, le vent ne faiblit pas et une fois dépassé l’atoll, la houle de sud grossit. Pour les premiers jours de navigation, elle monte parfois jusqu’à 5m, nous sommes arisés au maximum et avons hissé la trinquette, ce qui n’est pas courant. Les premiers jours ou la première semaine d’ailleurs, à vérifier dans le journal de bord. Après un certain temps en mer, ne pas se souvenir du jour et de la date comme ça, spontanément, c’est courant, mais parfois on ne sait plus depuis quand on à lever l’ancre ou quel mois nous sommes. Etre en haute mer des fois c’est un peu comme être dans un univers de temps parallèle, différent. Les jours sont des jours et les nuits des nuits, les heures des heures, mais le temps qui passe lui, est différent, il y a truc.

Quand le vent souffle fort, on se rappelle l’après-midi ou nous avons quitté les Cocos. Trois beaux dauphins nous avaient  accompagnés un moment, comme pour nous souhaiter bonne chance dans notre traversée de l’Indien. Les dauphins sont bienveillants envers les navigateurs, les marins le savent depuis longtemps et nombreuses sont les belles histoires qui se racontent…

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Samedi 28 octobre. Distance à la Réunion : 1320 milles. Vent de 25 à 30 nœuds. Allure grand largue. Cap à 260°. Position : 16°20.86’S – 78°27.56’E.

 

Tôt ce matin il s’est passé un évènement tout bête mais complètement improbable. Alors que tous nos hublots sont fermés à cause du temps, Brendan, qui dort dans la cabine avant, reçois sur le coin de la bobine  un poisson volant bien vivant, tout frétillant et tout puant, imaginez le réveil. Brendan sort mettre le pauvre poisson à l’eau et de nous dire au passage : « Sympa la blague les mecs ! » FAUX, ceci n’était pas une blague. Cela veut donc dire que le poisson volant est sorti de l’eau, a survolé le bateau dans la longueur depuis la poupe, est entré dans le bateau par la descente, a passé les deux portes (ouvertes) qui séparent le carré de la cabine avant pour aller s’écraser sur Brendan au pays des rêves, à environ 8m de son point d’envol. Les miracles existent ! Il doit y avoir une chance sur 1 milliard qu’un truc comme ça se produise. Au final, cette histoire nous a bien fait rire.

Depuis le départ de Direction Island, le temps n’a pas beaucoup changé. Le vent souffle assez fort, la houle de ¾ arrière nous fait faire quelques embardés, surtout sur de belles déferlantes qui atteignent parfois 4 ou 5m et nous avons toujours 2 ou 3 ris dans la grand-voile. Donc on attend que ça passe quoi.

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Mardi 31 octobre. Distance à la Réunion : 950 milles. Vent de 15 à 20 nœuds. Allure grand largue. Cap inchangé. Vitesse moyenne : 4,5 – 5 nœuds.

 

Depuis dimanche les conditions ce sont bien calmées. S’en est fini des 30 nœuds de vent dans 3m de houle, nous filons dorénavant toutes voiles dehors par 15 à 20 nœuds de vent sur une mer calme et pouvons jouir d’un temps dégagé et ensoleillé. En revanche, ce qui est une conséquence directe de ce changement de temps, nous avançons beaucoup moins vite, jusqu’à 2 nœuds de moins. Enfin on ne se plaint pas, ce sont des conditions de navigation très agréables.

Nous avons pêché hier une belle dorade de plus d’un mètre, le premier poisson digne de ce nom depuis Bali. C’est étonnant car c’est comme si jusqu’ici la mer avait été vidée de ses poissons, nous n’avons pêché que deux petites dorades et un petit thon, des juvéniles. Nous pensons que c’est probablement une conséquence de la surpêche. Quoi qu’il en soit, cette dorade de belle taille arrive à point nommé puisque nous avions décidé que lundi serait le jour où nous « fêterions » la moitié de la traversée Cocos-Réunion. Le menu passe donc de pizza à la sardine en boîte à pizza à la dorade en filets. Lundi est également le jour où nous changeons nos quarts, comme tous les 30 jours de navigation. Joaquim prendra dorénavant le quart de 6h à 9h (et 18h-21h), Robin 9h-midi, Igor midi 15h et Brendan 15h-18h. Chacun réorganise ensuite ses journées en fonction.

Le mercredi, le vent reprend de la puissance et nous hissons à nouveau le solent, avant de reprendre 2 ris dans la GV. Nous pêchons également un très beau Thazard, autrement appelé Wahoo dans ces mers des tropiques. Il fait plus d’un mètre et doit bien peser 6 à 8 kg, nous sommes ravis que la pêche reprenne et nous nous préparons de véritables festins, ça change de ces dernières semaines de nav’. Et c’est quand même plus logique, voire naturel.

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Une escale inattendue.

Sur la route de la Réunion, il y a quelques îles qui valent le détour, elles font partie de l’archipel des Mascareignes dont fait aussi partie la Réunion. Il y a notamment Maurice, légèrement au nord de la route, et Rodrigues un peu plus au sud, qui en dépend politiquement. Plus nous nous en approchons et plus on se rend compte que l’on pourrait éventuellement se permettre, pourquoi pas, de faire un tout petit crochet par Rodrigues. C’est vrai que nous avons bien avancé depuis les Cocos, nous sommes en avance sur notre programme par rapport à notre arrivée à la Réunion. Tout en se rapprochant, l’option se précise et nous décidons finalement d’aller relâcher quelques jours à Port Mathurin, au sud-est de l’île.

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Samedi 4 Novembre. Ile de Rodrigues. Distance à la Réunion : 450 milles.

 

Nous sommes tout excités à l’idée de faire une escale que nous n’avions pas prévu et de découvrir une nouvelle îles avec une nouvelle culture. Nous nous renseignons rapidement dans nos bouquins pour être au fait des procédures d’entrées. Il faut que nous appelions les autorités dès que nous serons à portée de VHF, pour qu’ils soient prévenus et puissent organiser les formalités. Aussitôt dit, aussitôt fait. Le coast guard à l’autre bout de l’onde nous prévient en revanche qu’il faut arriver avant le coucher du soleil ce jour pour pouvoir faire les formalités. Autrement il faudra attendre le lendemain. Ok, il est 16h et le soleil se couche dans approximativement 2h30. Il nous reste une quinzaine de milles, ça peut le faire. De toute façon il faut que ça le fasse, c’est trop frustrant d’arriver à terre et de devoir justement rester sur le bateau, sans pouvoir aller se balader et boire quelques canons hein, là on ne vous cache rien.

Nous arrivons finalement à quai à temps, les formalités sont expédiées en 15 min, sans même une petite visite du bateau. Bienvenue à Rodrigues. Les douaniers sont vraiment sympa et nous prévienne que lundi il faudra mettre nos harpon en « fourrière » car ici la chasse est interdite, et qu’il faudra rendre une visite aux autorités sanitaires. Le dit lundi, ces informations n’avaient à priori pas passé le week-end. C’est en tout cas ce qu’on s’est dit en repartant.

Les douaniers nous informent aussi que le lundi, il y a le cargo qui vient ravitailler l’île. Il faut donc sortir du port pour le laisser rentrer, puis revenir se mettre au mouillage, face au quoi. Il restera jusqu’au mardi et rebelote, sortie du port et retour au quai. Ce n’est pas cool pour nous mais c’est comme ça.

Au programme ici, goûter la saucisse de Rodrigues, visiter le parc à Tortues géantes, s’imprégner un peu du parfum de l’île et du rythme de la vie, si on a le temps. Pour le parc à tortues, nous prenons le bus et traversons l’ile en travers, ce qui n’est pas très long. Nous finissons à pieds et arrivons pour la visite de 10h. Avant la marine à voile, les tortues vivaient en toute quiétude ici, et lorsque les premiers marins ont débarqués pour les bouffer, il se dit que l’on pouvait faire 100 pas sans toucher terre, juste en marchant sur le dos de ces tortues géantes. Elles étaient une aubaine pour les navigateurs qui empruntaient la route des indes, de la viande fraîche en cours de route pour tout l’équipage. Comme à l’époque, pas beaucoup plus qu’aujourd’hui, on ne se posait la question de savoir si c’était bien ou pas, les tortues géantes on étaient exterminée, réduite au silence, si bien qu’on pouvait faire 100 pas sans toucher terre, rien qu’en marchant sur des carapaces de tortues, désespérément vides… Réintroduites plus tard, les tortues vivent aujourd’hui dans un parc et leur population est surveillée.

Pour ce qui est de la saucisse de Rodrigues, nous en commandons une assiette, coupée en tranches avec du vinaigre à l’ail, pour l’apéro. C’est surtout comme cela qu’on la déguste. Pour cela, nous avons pris une table dans un boui-boui sombre, ou on peut aussi picorer de l’œuf dur au vinaigre à l’ail, dans une ambiance bien des îles ou on se raconte des histoires, autour d’un verre de rhum ou d’une Phoenix, ou les deux. Nous on a pris les deux, pour coller à l’ambiance, et puis parce qu’on repart le lendemain. Notre escale est courte mais nous arrivons à saisir un peu de la quiétude de la vie ici, loin de tout, et surtout des problèmes.

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La Réunion

 

Quatre jours plus tard, nous arrivons en vue de la Réunion. Nous la voyons de loin, dès le matin. Normal, elle culmine à plus de 3000 m grâce au célèbre Piton des Neiges. Toute la journée, nous la voyons se rapprocher et nous sommes particulièrement impatient d’arriver, nous sommes aujourd’hui le dimanche 12 novembre, cela fait donc 1 an tout pile que nous avons quitté le Port du Crouesty dans notre bien aimée Bretagne. Nous arriverons aux alentours de 18h, tout comme il faut pour aller fêter notre anniversaire dans les rues de St Pierre. Nous prévenons les gardes côtes de notre arrivée et demandons s’il y a de la place au port de St Pierre et si au pire on peut mouiller quelque part. Et là, c’est la fin du monde…

Le type au bout du fil nous indique que de une il n’y a pas de place au port et que de 2 il est obligatoire aux voiliers de faire leur entrée au port de la pointe des Galets, dans la ville du Port. Ok c’est super génial ça, merci monsieur le garde côte, le port est au nord-est de la Réunion, à 30 milles, on en a donc pour 6 à 8h. En plus il se met à pleuvoir comme il faut. C’est ANNIVERSAIRE au cas où personne n’aurait remarqué !!!! Voilà le moral est à moins 10, un petit bol de riz et au lit.

Huit heures plus tard, nous arrivons et recontactons le garde-côte, comme il est 2h du mat’, on ne peut pas entrer au port. Il nous indique donc d’aller mouiller en baie de St Paul, ou il y a normalement un corps-mort. Après une bonne ½ heure de ronds dans l’eau, pas de corps-mort. Nous décidons d’aller nous amarrer au coffre réservé aux cargos mais il y a trop de houle, le coffre est trop gros et il est recouvert d’oiseaux et de leurs fientes. En fin de compte, nous jetons l’ancre, contents d’arriver mais blasés de chez blasé.

Le lendemain matin, il ne nous reste que 4 milles à parcourir pour rejoindre le port dans lequel il y a de la place. Nous nous mettons au ponton et effectuons les formalités les plus rapides de l’histoire : 5 min pour remplir la clearance d’arrivée et tamponner les passeports, à même le quai, sans visite du bateau, bienvenue à la Réunion, enfin !

  • Distance parcourue : 1100 milles nautiques jusqu’aux îles Cocos, puis 2450 jusqu’à la Réunion, soit 3550 pour les nuls en math.

  • Vitesse moyenne : bon… on peut toujours dire environ 5 noeuds, mais ça dépend.

  • Nombre de jours en mer : 7 jusqu’aux Cocos puis  15 jusqu’à Rodrigues et enfin 4 pour rallier la Réunion. Soit 26 jours de mer au total, toujours pour les nuls en math.