Des Fidji à la Papouasie, escales dans un autre monde.

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Mercredi 2 août, départ de la Vuda Marina sur l’île de Viti Levu dans l’archipel des Fidji.

 

Au soir, après avoir vérifié tout notre approvisionnement et posté le dernier carnet de bord, nous faisons nos adieux à la Vuda Marina, ou plutôt, la Vuda Marina nous fait ses adieux. Le personnel et la guitare sont là pour la chanson et comme à l’arrivée, c’est vraiment sympa. Sortie de la marina, traversée du lagon, passage de la passe et puis 285° au compas, nous visons le nord des Vanuatu, autrement appelées « Nouvelles Hébrides », sans savoir précisément  ou nous relâcherons.  Ce sera soit dans les îles Rowa, soit dans les îles Torres, au nord-ouest.

Sur les deux premiers jours de la traversée, le vent est timide et passe tranquillement du nord à l’est. En contrepartie, le temps est magnifique. Cela nous permet d’apprécier particulièrement la baignade. Le jeudi vers 9h du matin, pour la première fois depuis la Bretagne, il y a un Marlin qui tourne autour du bateau, au plus près. C’est un poisson impressionnant par sa taille et sa morphologie, magnifique par ses couleurs et les motifs qu’elles dessinent sous la surface de l’eau. En fait, il est en train de chasser un petit banc de thons qui s’est réfugié sous notre bateau. Ils ont l’air paniqués et l’on peut les voir sous l’eau, décrire des ronds autour de la quille.  Le temps est très calme et l’eau est d’un bleu turquoise translucide, le spectacle ravi ses spectateurs.

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Samedi 5 août, souffle le vent.

 

Le vent est revenu dans la nuit et s’établit petit à petit au sud-est, ce qui est excellent pour nous car cela permet de voguer entre les allures grand-largue et vent arrière. Nous filons à bon train, cap à 285°. Bon vent, bon cap et bonne allure, tous les ingrédients sont là pour nous mettre du baume au cœur et filer à l’ouest, toutes voiles au vent.

Le vent ne faiblira pas jusqu’à notre arrivée, établissant notre moyenne à 130 milles par jour, ce qui est très honorable pour un Gin Fizz de 1978. Nous pêchons une belle dorade le lundi et deux jours plus tard, les premières îles du groupe des Rowa sont en vue. Nous passons au large et prévoyons une arrivée à Teguae dans le groupe Torres, plus au nord, au petit matin. Le dit matin, mercredi à 7h, nous cassons notre ligne, juste avant d’arriver, sur un énorme poisson qui déroule le moulinet avant que l’on ressert le frein et que le fil claque. C’est rageant ce genre de coup manqué. Cela dit, ce mauvais moment est vite oublié lorsque l’on découvre 2h plus tard, la baie Hayter de l’île Teguae.

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Mercredi 9 août, ici se cache un bout du paradis.

 

Nous sommes seuls, pas d’autres bateaux, pas d’habitation à priori, pas une âme qui vive à première vue. Il y a des collines boisées à gauche, des falaises boisées à droite, une plage de sable blanc et des cocotiers au milieu. Nous arrivons à apercevoir aux jumelles, dans une trouée au pied des palmiers au bord de la plage, les restes d’un camp, les vestiges du passage de quelqu’un. C’est là que nous irons lorsque nous descendrons à terre, après avoir plongé. Depuis le bateau, nous devinons le fond à 30m, le voyons clairement à 20m et pouvons même voir les poissons.  C’est du jamais vu, nous ne pouvions pas imaginer que l’eau puisse être aussi claire quelque part.

Comme notre escale ici ne durera pas plus d’une nuit et deux jours, nous ne nous faisons pas prier pour nous jeter à l’eau aussitôt l’ancre accrochée dans le sable, dans une plaine au milieu des patates de corail. Sous l’eau, le paysage est à couper le souffle. Il y a des montagnes de corail de dizaines de mètre de haut, des bancs de sable et des clairières sous-marines, entre les falaises de ces formations calcaires vivantes. Dans ces clairière jouent des myriades de poissons et nous reconnaissons sans difficulté les perroquets tandis que sur les hauteurs du récif, des centaines de petits poissons aux milles couleurs se font portés par un très léger ressac. Puis, dans le bleu, une raie à tête d’ange, une tortue, un jeune barracuda et un requin inconnu, mais pacifique à coup sûr. Nous sommes stupéfait de la clarté de l’eau et cela nous met en confiance, nous faisons de belles apnées d’une à deux minutes et descendons jusqu’à 20m.

Même si l’on voudrait rester éternellement à nager ici, à se laisser bercer entre le fond et la surface, il arrive un moment ou, même si l’eau est à 26°, on commence à avoir froid. Cela veut dire que c’est le moment d’aller explorer l’autre facette de ce lieu, la plage de sable blanc et les cocotiers, le camp inhabités, la forêt. Aussitôt dit, presque aussitôt fait. Nous sommes loin du rivage et allons essayer de rapprocher Ekolibri, ça nous fera moins à ramer dans l’annexe. Joaquim reste à l’eau et nous guide entre les patates jusqu’à une clairière plus en avant.

Une fois l’annexe gonflée et à flot, nous ramons gaiement vers le rivage. Lorsque nous sommes arrivés ce matin, la marée était haute, et même si le marnage n’est que d’un mètre environ, la marée descendante découvre un labyrinthe de roches calcaires acérés, anciens blocs coralliens. Nous slalomons, évitons les obstacles et arrivons à un stade où il n’est plus possible de ramer puisque nous sommes dans 10 cm d’eau. Nous devons faire le reste à pied et surtout, bien éviter les milliers de concombres de mer qui minent la grève. Autant de concombre d’un coup sur un espace si restreint, c’est hallucinant. Nous rejoignons finalement la plage et amarrons l’annexe au cas où, l’exploration peut commencer.

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Mercredi 9 août et jeudi 10, entre forêt et récifs.

 

Nous commençons par inspecter le camp. Il y a ajoupa (un toit de feuilles séchées sur quatre piquets en bois) et de quoi faire un feu. Il y a également une étale rudimentaire qui a certainement dû servir à écailler du poisson, puisqu’il y a encore les écailles. Aux alentours, la forêt est plutôt dense mais clairsemée par endroits et il y a des sentiers qui partent dans 3 directions.

– « Ok les copains, on a le choix, soit on explore à terre, soit on retourne plonger pour chercher notre dîner… »

– « Moi je veux bien faire les deux. »

– « Oui on peut faire exploration pendant 2h, ensuite on revient, on va chercher le matos de plongée et de cuisine et voilà ! »

– « Bon ben d’accord ! »

Voilà, ça c’est du programme alléchant ! En avant. Nous partons vers la gauche, soit au nord. Ça fait longtemps que nous n’avons pas été en forêt comme ça, un petit peu aux Marquises, et sinon au Panama. Comme nous faisons beaucoup de mer, marcher en forêt est très appréciable, surtout sous ces latitudes. La végétation est luxuriante et les sons si particuliers, comme dans les reportages à la télé. Nous croisons des arbres géants et des poules, nous entendons aussi une vache. Il se pourrait bien que quelqu’un habite quelque part, pas si loin. Les infos que nous avons indiquent qu’une famille habite ici. Leur village est peut-être dans la baie plus au nord, à 1,5 km. 15h approche et nous devons rentrer  si nous voulons profiter du soleil pour pêcher. Nous dé-escaladons une falaise cachée sous le couvert des arbres et regagnons la plage.

La pêche ne sera pas très fructueuse, un perroquet pour Joaquim. Mais il y d’innombrables tunnels, construits au fil du temps par ces imposantes formations de coraux, entre lesquels nous nous amusons à slalomer. « Demain, il faudra filmer tout ça !! ».

En fin d’après-midi, nous préparons un gros feu pour cuire le riz et le poisson et trouvons des noix de coco pour le dessert. Il y a également des milliers de bernard-l’hermite qui grouillent sous les palmiers, c’est impressionnant. Au milieu de la nuit, nous regagnons Ekolibri, sous les étoiles, seuls au monde, dans ce paysage de film ou de roman, ce paysage d’île au trésor, d’île déserte.

Le lendemain, chasse et repas sur la plage. Il reste suffisamment de bois pour refaire un feu et griller deux beaux perroquets. Nous ramenons ensuite tout notre matériel au bateau et partons pour une dernière plongée, pour le fun. Nous cherchons les plus beaux tunnels, les tombants les plus à pic et on prend un pied de malade !!

« Est-ce qu’on est vraiment sûrs et certains de vouloir repartir ce soir ? »

Nous n’avons pas le choix, notre planning est vraiment serré, il y a des copines qui nous retrouvent à Bali et avant ça, la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Mettons les voiles les gars, en vitesse. Si on tarde, on ne partira jamais…

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Vers la Papouasie, 5 jours à fond.

 

800 milles nous séparent de notre prochaine escale, soit 1440 km. Nous avons décidé de faire escale sur l’île de Venama dans l’archipel des Louisade. De ce que nous en savons, il y a là-bas des familles Papous qui vivent encore de façon plus ou moins traditionnelle.

Le vent de sud-est souffle entre 15 et 20 nœuds et la houle déferlante nous arrive de ¾ arrière. Tous les éléments sont réunis, la mer est avec nous et Ekolibri n’a le droit à aucun répit. Nous ne faisons pas moins de 147 milles par jour avec un nouveau record à 163 milles. En chemin, au 3ème jour, notre caisse à vaisselle tombe à l’eau alors que Joaquim est justement en train de la faire, la vaisselle. Sans cette caisse, nulle part ou mettre les assiettes et casseroles sales sans que ça fasse un boucan d’enfer donc il est hors de question de laisser à la mer notre caisse qui en plus est en plastique. C’est une vieille caisse récupérée mais nous y tenons. Nous voilà partis à réaliser une manœuvre improvisée d’homme à la mer dans 20 nœuds de vent et 2m de houle. Nous distinguons difficilement la caisse mais arrivons tout de même à la rejoindre. Seulement, arrivés à une dizaine de mètres, impossible de se rapprocher plus et Joaquim, responsable de la plonge ce jour se jette à l’eau, pour ne pas dire qu’il plonge, dans un théâtral « J’y vais » à la Mitch Buckhannon d’Alerte à Malibu. Nous sauvons la caisse et nous payons une bonne tranche de fou rire.

Deux jours plus tard, en fin d’après-midi, nous en somme en vue de l’île. A ce rythme nous arriverons vers minuit mais comme nous ne voulons pas risquer de nous échouer sur le récif ou sur les hauts fonds qui sont partout ici, nous décidons d’attendre la lune devant la passe. Vers 3h du matin, quand Robin prend son quart, Joaquim et lui décident d’y aller prudemment, même si le vent souffle assez fort. Une heure et demie plus tard c’est mission accompli, nous sommes mouillés dans la baie de Dumaga avec une bonne longueur de chaîne car le vent souffle toujours. Nous apercevons des lumières sur la côte qui pourraient indiquer les villages. Nous avons hâte, comme à chaque fois ou nous arrivons de nuit, de découvrir le rivage, au matin.

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Le village de Bololo, baie de Dumaga, loin des sentiers battus.

 

Au réveil, nous ne tardons pas à mettre l’annexe à l’eau pour nous rendre sur le rivage. Il y a une bonne distance et nous avons le vent dans le nez, hardis les gars ! A terre, nous sommes accueillis par une vingtaine d’enfants. Nous passerons tout notre temps ici entourés d’enfants. Le village est très joli, avec de grands arbres, de l’herbe partout et de la terre battue.

Rapidement, nous rencontrons Raymond, le référent auprès duquel tous les voiliers qui arrivent ici se renseignent. Il n’est pas le chef du village car ici, la communauté gouverne et tout est discuté en assemblée, mais il est influent et fait beaucoup pour le village. Il à un petit carnet dans lequel chaque voilier de passage laisse un petit mot et nous trouvons dans ce carnet le passage de Qovop (Quand on veut on peut) un équipage qui a fait le tour du monde et nous a beaucoup inspiré pour le nôtre.  Nous voyons aussi avec Raymond pour le troc. Nous avons prévu beaucoup de choses à troquer et cela va nous permettre de récupérer beaucoup de fruits et de légumes : cocos, canne à sucre, bananes et bananes plantain, patates douces, manioc, etc. Il n’y a que ça qui fonctionne ici, le troc. Le cash n’a pas cours.

Les gens de l’ile vivent en marge du monde moderne, ils vivent de peu et surtout de ce qu’ils cultivent. Ils élèvent poules et cochons ainsi que des crocodiles dont ils vendent la peau à des acheteurs de la capitale, Port Moresby. Tout le monde mâche du Betel, une noix encore verte dont les arbres poussent un peu partout et qu’ils se mettent au fond de la bouche, entre la joue et la gencive, en la mélangeant avec de la feuille de moutarde verte et de la poudre de corail qu’ils appellent « Lime ». Cette poudre sert à abraser les tissus de la gencive. Le betel à un léger effet sur la perception, mais c’est vraiment dégueulasse.

Nous passons le premier après-midi à jouer au foot avec les enfants, après qu’ils nous aient fait visiter le village. Ils sont trop contents de faire un match avec des « Loumo », des blancs. Nous assistons aussi à une procession religieuse accompagnée de magnifiques chants mélanésiens. Ici, tout le monde est chrétien et c’est aujourd’hui une célébration spécifique aux femmes, elles sont 200 à emmener une statue de la vierge sur la plage.

C’est une belle première journée.

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Tous les matins c’est petit déjeuner collectif sur Ekolibri.

 

 Le matin du deuxième jour, 3 enfants du village nous abordent avec leur pirogue, à 7h du matin, en nous apportant des cocos et de la canne à sucre. Nous les accueillons sur le bateau et ils prennent le petit déjeuner avec nous. C’est Ginian, et ses deux petits frères, de 5 et 2 ans et demi. Nous sommes impressionnés de leur autonomie, ils sont venus tous seuls en parcourant les 600m qui nous séparent de leur village et il y a un bon vent ce matin.

Un peu plus tard, James et Shane, deux hommes d’un autre village, de l’autre côté de la baie, nous rejoignent. Ils nous ont apportés des bananes. En échange, nous leur donnons un peu de matériel de pêche et une casquette. Tout ce que nous avons à de la valeur pour eux. Même les sacs de riz de 10 kg vides. Ils en font des besaces pour porter tout un tas de chose dont des noix de betel. Tout le monde porte ces petites besaces. Nous parlons longuement avec eux et donnons du doliprane à James qui souffre d’un sérieux mal de tête. Shane et lui nous invitent dans leur village, le lendemain.

Tous les matins suivant, il y aura du monde à nous visiter au bateau, pour dire bonjour et nous offrir des fruits et pour faire du troc, un coup en pirogue à rames, un coup en pirogue à voile. Nous échangerons nos anciennes lignes de vie, du matériel de pêche, des habits, etc.

Nous passons la majeure partie de la deuxième journée à marcher du côté de la rive sud, avec les enfants. Après avoir dépassé deux autres villages, nous trouvons leur source naturelle d’eau potable et l’enclos des crocodiles. Les papous occupent leurs journées à récolter ce qu’ils font pousser, à bricoler et à préparer les repas ou à mâcher du bétel, à l’ombre. En fin d’après-midi, Raymond nous informe que nous sommes conviés au repas communautaire du soir et nous acceptons avec plaisir. Le temps que tout soit prêt, nous jouons avec les enfants, discutons avec les papous et observons les préparatifs sur les différents foyers. Tout est cuisiné sur des feux de bois. L’ambiance est vraiment très sympa. Nous mangerons des patates douces frites, du riz, une préparation à base de feuilles et de poisson ainsi qu’un gâteau fait à partir de jus de cœur de palmier. Nous retournons au bateau rassasiés, impatient du lendemain.

 

Du côté de chez Shane.

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Il y a une sacrée distance pour nous rendre de l’autre côté de la baie, disons entre 1 et 2km, et nous ramons tels des damnés pour rejoindre le village. Shane et James nous accueillent et nous offrent à boire des cocos fraîches, ce qui est vraiment délicieux. Nous partons ensuite à la découverte du lieu.  Nous marcherons tout l’après-midi, aller-retour, et nous émerveillerons devant la beauté des décors qui s’offrent à nous : champs ouverts sur les collines, forêt dense et forêt ouverte, champs de bananiers et de canne à sucre, villages, rivières. Sur le chemin, on nous offre des tomates cerise, des bananes. Beaucoup de monde fume ici, mais pas le tabac raffiné des cigarettes que l’on connaît, non. Les papous cultivent le tabac et font sécher les feuilles. Ils le fument ensuite dans des bouts de feuille de journal, bonjour les poumons. Autrement, ils prennent des feuilles vertes et les font sécher directement sur de la braise avant de les mettre également dans du journal, ainsi ils peuvent fumer en lisant les nouvelles.

Sur le chemin du retour, nous observons un grand nombre de perroquets et de perruches et sommes véritablement conquis par le chant de la forêt, c’est magique. Puis, arrivés au village de Shane et James, nous sommes invités à nous reposer avec une vingtaine des villageois qui se, eux aussi, se reposent. Nous discutons, troquons et rigolons. Nous nous faisons offrir à manger par les femmes qui cuisinent. C’est un beau moment de partage.

Le temps de rentrer étant venu, nous observons que le vent est toujours nord-est, nous l’aurons donc dans le nez pour regagner le bateau et ça craint franchement parce que c’est très loin. C’était en sous-estimant la gentillesse des Papous qui se proposent de nous ramener avec une des deux seules barques à moteurs qu’ils se partagent entre les différents villages. Nous chargeons l’annexe à bord ainsi que beaucoup de bananes, de manioc. Nous remercions chaleureusement les membres du village et nous faisons ramenés sur Ekolibri.

 

 

Derniers jours à Dumaga.

 

Le samedi  à Bololo, c’est le tournoi de foot inter-villages et nous bien sûr invités à y assister. Tout le monde est réuni autour du « terrain de foot » qui est le moins plat de tous les terrains de foot du monde. A l’ombre des bananiers, nous supportons l’équipe de Bololo puis l’équipe du village de Shane et James dans laquelle joue James. Les buts s’enchaînent et pour le dernier match de la journée, Joaquim se joint à l’équipe de James. Comme Joaquim est un grand gaillard, il dépasse d’une tête et demie tous les autres joueurs, c’est drôle à voir. Dès qu’il touche la balle, tout le monde cri en cœur « Loumo, Loumo !!! », on rigole bien. Le soir venu, Raymond rassemble tous le village car nous avons prévu de jouer de la musique pour les remercier. Nous jouons ce que nous savons à 4 puis Brendan prend son accordéon pour leur faire danser des danses bretonnes. Les Papous sont timides mais nous arrivons à en motiver quelques-uns et tout le monde rigole.

Le dimanche matin, nous retournons à terre pour la dernière fois et allons assister à la messe. C’est assez solennel et les villageois se relaient pour réciter des versets de la bible, mais cela n’empêche pas les enfants de jouer autour de l’église. Ensuite, tout le monde chante en cœur de magnifiques chants mélanésiens, pendant une bonne demi-heure. Ces chants sont envoutant, très mélodiques. Et puis c’est l’heure des au–revoir, assez touchants car nous savons que nous ne nous reverrons probablement jamais. C’est difficile de quitter Raymond, Shane et James qui nous ont si bien accueillis, ainsi que les enfants avec lesquelles nous avons passé presque tout notre temps. Nous levons l’ancre et Shane nous accompagne un temps sur sa pirogue. Nous crions à tue-tête et lui aussi, pendant un long moment, et ça nous fait bien rire. Adieu Shane.

Nous avons maintenant quelques jours de mer jusqu’à Port Moresby, une escale qui nous permettra de préparer notre traversée jusqu’à Bali, avec le détroit de Torres. Courses, bricolage et préparatifs avant le passage de ce mythique détroit.

  • Distance parcourue : 700 milles jusqu’au Vanuatu, un peu plus de 800 pour arriver à l’île de Venama en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

  • Vitesse moyenne : nous avons battu des records, entre 5 et 6 noeuds de moyenne avec des journée entre 6,5 et 7.

  • Nombre de jours en mer : 5 jours, Vanuatu, encore 5 jours. Soit un total très acceptable pour 1500 milles parcourus.