Des hauts et des bas, mais 4000 milles parcourus

Dimanche 23 Avril, 13h00. Vent Sud – Sud-Ouest de 5 à 10 nœuds. Allure : travers. Vitesse 2 à 3 nœuds, soit pas beaucoup. Cap compas 235°. Cap réel 225°. Distance à l’arrivée : 3818 milles. Position : 6°34.150’ Nord – 80°54.790’ Ouest.

Nous partons aujourd’hui pour traverser ce grand océan pacifique. Sa réputation d’océan paisible le précède, et c’est pour cela qu’on l’a appelé « Pacifique », pour de vrai. Nous avons dit au revoir, hier au soir et autour d’une Balboa (bière Panaméenne vraiment pas trop mal), à nos nouveaux amis, les volontaires du projet de permaculture de Guillaume au sein d’Ecovenao. C’est assez incroyable la vitesse à laquelle des liens se sont tissés, autour d’actions et d’idées communes. Adieu, ou peut-être à bientôt.

En prenant la mer, nous savons qu’avant de rejoindre les courant de vent continu à l’équateur, il va falloir traverser une grande zone de turbulences, ou il y a souvent des orages et des pétoles, c’est ce qu’on appelle le pot-au-noir. Nous le savons ! Mais bon il va falloir attendre de le voir pour le croire, et se rendre compte qu’en effet, même en plein jour, le ciel peut être très noir.

En fait, dès que nous quittons Venao, nous apercevons des orages, sur terre plutôt, mais des orages quand même. Cela n’augure rien de bon pour la suite. Surtout que orage peut potentiellement signifier pour nous : « éclair qui craque pile au-dessus du bateau, passe par le mât, éclate tout le réseau électrique plus la coque et grille bien cuit les poules et les matelots », donc non merci !

Mercredi 26 Avril, 08h00. Vent Nord-Est de 5 à 8 nœuds. Allure : grand-largue. Vitesse 2 nœuds, nul. Cap compas 230°. Cap réel 220°. Distance à l’arrivée : 3768 milles. Position : 5°11.510’ Nord – 80°54.100’ Ouest.

 

Sachez que les informations de navigation ci-dessus sont sujettes à des variations incessantes et leur fiabilité est donc de fait remise en question…

 

Cela fait 3 jours que nous slalomons entre les orages et les grains. Le vent est presque totalement absent de cette partie de l’océan et nous n’avançons malheureusement pas. Nous sommes obligés, nous disons bien OBLIGES de démarrer notre moteur afin d’éviter les plus gros orages, ou en fonction le plus gros de l’orage, surtout la nuit lorsque les éclairs illuminent le ciel à 360° et que l’on se demande « mais bordel les gars on va par ou la ? Elle est où la sortie ?? ».

Les orages, c’est aussi des cordes qui tombent parfois pendant des heures, donc on est mouillé. Ekolibri est mouillé, les poules sont mouillées, le barreur et les matelots aussi, bref tout est mouillé.

Bon alors comme nous sommes un équipage plutôt positif, nous trouvons 3 avantages à ces grains :

  1. Ca lave très bien le bateau et les voiles de tout le sel.

  2. Ça nous permet de remplir nos sceaux d’eau douce pour la cuisine et les poules.

  3. On peut prendre de bonne douche à l’eau douce. Et rafraîchissantes en plus de ça, parce que dans le bateau avec le capot fermé, c’est comme dans un four à vapeur et nous devenons de vraiss légumes.

Dimanche 30 Avril, 15h30. Vent Sud-Ouest de 5 à 8 nœuds. Allure : près. Vitesse 3,5 nœuds. Cap compas 240°. Cap réel 230°. Distance à l’arrivée : 3605 milles. Position : 3°24.634’ Nord – 82°33.912’ Ouest.

Il PLEUT ! Cela fait 7 jours depuis le départ de Venao et nous n’avons parcouru que 200 milles, un peu plus. En comparaison, notre record en 24 h est de 156 milles. Un bateau du Vendée-globe, environ 450. Voilà, nous n’avançons pas, principalement parce qu’il n’y a pas de vent. En plus de ça, il PLEUT et il y des orages avec des éclairs. C’est tout.

Mercredi 3 mai, 16h45. Vent Sud-Ouest de 15 à 20 nœuds. Allure : près. Vitesse 4,5 nœuds. Cap compas 230°. Cap réel 220°. Distance à l’arrivée : 3458 milles. Position : 1°43.923’ Nord – 85°26.754’ Ouest.

Depuis 3 jours, nous avons le beau temps avec nous, s’en est fini des orages. Enfin on croise encore les doigts mais normalement c’est bon, la zone orageuse est derrière nous, les fichiers météo le confirme. Les nuages ressemblent maintenant à un immense troupeau de mouton qui nous accompagne avec bienveillance. Et puis le vent est venu aussi, il est beaucoup plus constant et donne un peu de puissance. Bien que nous faisions du près, c’est déjà beaucoup mieux. Nous espérons arriver vite sous la latitude des Galápagos, caper vers l’ouest, au portant.  Notre rythme de croisière s’installe, jours après jours et pour un petit moment. Nous voyons beaucoup de dauphins, presque chaque jour. Il y a les oiseaux aussi, c’est très étonnant. Il y a un fou (espèce d’oiseau) qui est resté un bon moment sur notre balcon avant, un juvénile. Il est venu puis reparti, puis revenu le lendemain. Maintenant il est parti et peut-être qu’il reviendra encore. Nous l’avons surnommé Maurice, comme ça un peu par hasard pour rigoler.

Il y a aussi ces mouettes, en tout cas ça y ressemble mais nous n’avons pas de livre à bord sur les oiseaux marins, malheureusement. En tout cas elles arrivent toute les 2, en début de soirée et volent autour d’Ekolibri toute la nuit durant. En revanche on ne les voit pas du tout la journée… Mais chaque soir depuis une semaine, elles reviennent. C’est trop génial de voir autant de vie autour du bateau, et encore plus de retrouver ces oiseaux. C’est comme de nouveaux amis, ils nous escortent. Peut-être même qu’eux aussi, veillent sur nous.

Jeudi 4 mai, 14h30. Vent Sud 13 nœuds. Allure : près. Vitesse 4,5 nœuds. Cap compas 140°. Cap réel 130°. Distance à l’arrivée : 3458 milles. Position : 1°43.923’ Nord – 85°26.754’ Ouest.

Il y a des journées comme aujourd’hui qui méritent d’être racontées plus que d’autres. Sans doute parce qu’il se passe beaucoup plus de chose, ou en tout cas des choses inhabituelles, qui ne se passent pas tous les jours. Aujourd’hui ça ressemble à une journée de carnaval au milieu de nulle part. D’abord, une barque de pêcheur, à plus de 200 milles de toute côte. Ensuite, un cachalot qui nage autour du bateau, on peut apercevoir son dos noir lorsqu’il vient souffler à la surface. Une dizaine de minutes après, un immense banc de grands dauphins, avec de grands ailerons, ils sont des centaines c’est majestueux. Se mêlent à eux de grands dauphins gris, ce ne sont pas les petits tachetés que l’on a l’habitude de voir. Ceux-là sont plus grands et tout gris. Il y a aussi des thons qui sautent autour du bateau et nos ligne de traînent échouent franchement et ne prennent rien. On essaye au lancé et ça marche une fois, sauf que le thon repart avec le leurre, il devait y avoir une faiblesse sur le fil. Il était beau ce leurre en plus.

Puis la barque de pêcheur vient nous voir pour nous avertir de bien éviter les longues lignes de bouées qui s’étendent sur de kilomètres et qui doivent certainement matérialiser des filets. A leur bord il y a un gros requin, ils ont dû le pêcher par là, c’est impressionnant.

Pendant plusieurs heures, nous sommes obligés de longer ces grandes lignes de bouée et cela nous écarte de notre cap, pas cool. En fin de journée, il y a de nouveau des thons autour du bateau. Nous retentons notre chance. Après quelques lancés, un thon essaye de manger le leurre à 2m du bateau, manqué. Le lancer suivant, on voit le mouvement du thon à la surface derrière le leurre et paf, ça mord. Cette fois c’est la bonne, il se défend de toute sa force mais est bien accroché. Nous le remontons à bord, voilà de quoi agrémenter nos repas !! Maintenant le soleil se couche, autant d’activité en une journée au beau milieu d’un bout du pacifique, ce n’est pas courant.

Jeudi 11 mai, 12h15. Vent de Sud à 15 nœuds. Allure : près. Vitesse 4 nœuds. Cap compas 220°. Cap réel 230°. Distance à l’arrivée : 2838 milles. Position : 0°28.115’ Sud – 93°15.663’ Ouest.

Nous avons passé le degré de latitude 0 cette nuit, à 23h58 exactement. 9a veut dire que nous avons passé l’équateur et que nous sommes désormais dans l’hémisphère sud ! On en est tout retourné, ce n’est pas rien quand même.

Il était temps cela dit. Après être passé au nord des Galapagos et en arrivant à l’aplomb de la dernière île, « Isla Isabela », nous avons rencontré une limite de courant. Quelque chose de vraiment impressionnant, une ligne sud-est nord-ouest, fluctuante : ce sont 2 courant qui s’opposent. Le courant de l’est porte vers le nord-est, il pousse le courant ouest qui reflue à 1,5 nœuds. Comme nous allons à l’ouest, nous devons traverser mais le vent est tombé, nous n’avançons pas car le courant d’ouest est contre nous. Nous restons donc bloqués presque 3 jours dans cette zone, parfois nous dépassons la limite puis elle nous rattrape, parfois nous restons dans les tourbillons et nous avançons quand même vers l’ouest, même si visiblement nous n’avançons pas.

Le gros avantage en revanche c’est que c’est une zone très poissonneuse en Dorades Coriphène. Nous en faisons 3 une fin d’après-midi et 8 la matinée suivante, trop génial. Nous mangeons frais, mettons en bocaux et faisons sécher. Il y a aussi des requins qui tournent autour du bateau et parfois essayent d’attraper les dorades prisent au bout de notre fil. Il faut alors se dépêcher de remonter le poisson. La bataille est rude. Nous voyons aussi des otaries à 2 reprises et toujours des dauphins, des baleines ou cachalots au loin et des sortes de rorqual, de gros dauphins noir.

C’est très frustrant de rester bloqué ici, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir et notre planning est serré même si ça peut paraître incroyable. Il n’y a pas de vent, le courant nous bloque, nous étudions toutes les options. Un voilier nous croise, ils ont pris l’option de remonter vers le nord-ouest avec le courant est. Nous prenons l’option de faire du sud-ouest, se faire pousser par le courant en attendant que le vent reviennent, c’est notre parie.

Et puis, petit à petit le vent revient et nous avançons de nouveau, ça y est. Quel soulagement, le voyage continue, notre pari est gagné. Maintenant nous filons à 4 nœuds vers le sud pour atteindre ces vents d’est stables qui nous pousserons vers les Marquises.

Lundi 15 mai, 20h00. Vent Sud – Sud-Est 20 nœuds. Allure : travers. Vitesse 5 à 6  nœuds,. Cap compas 240°. Cap réel 2250. Distance à l’arrivée : 2518 milles. Position : 4°1.621’ Sud – 98°17.283’ Ouest.

Ca y est, le vent est revenu en cette fin d’après-midi, amenant avec lui quelques nuages menaçant à l’horizon, des pluies éparses, mais à l’horizon aussi. Ça faisait 2 jours que nous n’avancions plus, faute de vent. A désespérer. L’avantage c’est qu’on pêchait au lancer, le matin, et nous remontions de belles dorades.

Dimanche 21 mai, 15h00. Vent Sud-Est 15 à 25 nœuds. Allure : vent arrière. Vitesse 5 à 7  nœuds. Cap compas 260°. Cap réel 270°. Distance à l’arrivée : 1792 milles. Position : 7°15.117’ Sud – 109°3.640’ Ouest.

Nous sommes d’accord à présent pour dire que nous avons bien récupéré les vents portant du sud. Nous avons passé le 6ème parallèle sud et nous avançons à toute allure désormais. Le vent va et vient mais toujours du sud à l’est, entre 15 et 25 nœuds, fini la pétole !! Enfin, on touche du bois…

Les journées sont devenues magnifiques et avec elles, les nuits. Ce soir, tout est là, le vent à 15 nœuds, une immense voute étoilée bercée d’une demi-lune et une mer douce. C’est comme si Ekolibri glissait dans du coton, un océan de coton ou souffle du vent de coton.

Hier samedi nous avons fêté la moitié du trajet jusqu’aux Marquises, pas de meilleure occasion pour ouvrir une boite de pâté, faire des pizzas et ouvrir une bouteille de vin ! Ça fait du bien de casser un peu ce rythme métro-boulot-dodo…  Ahah !

La mer est bien formée quelquefois, en fonction du vent, du coup Ekolibri fait de belle embardée et les casseroles qui traînent valdinguent un peu. Il y a aussi beaucoup de poissons volants et quelques petits calamars à venir s’échouer sur le bateau. Malheureusement la plupart du temps nous les retrouvons le matin et ils ont déjà succombés.

Pour ce qui est de la pêche, nous avons continué de prendre quelques belles dorades mais surtout nous avons raté 2 énormes poissons qui ont cassé la ligne à chaque fois. Le premier était un espadon et certainement que le second aussi. C’est rageant de perdre du fil, des leurres et du poisson, surtout que ça fini dans la mer et ça, c’est justement ce qu’on cherche à éviter.

Marcelle et Hardie pètent la forme, pondent tous les jours et s’entendent à merveille. L’air du pacifique semble leur convenir.

 

Dimanche 28 mai, 15h00. Vent Sud-Est 15 à 20 nœuds. Allure : grand largue à vent arrière. Vitesse 3 à 5  nœuds. Cap compas 250°. Cap réel 260°. Distance à l’arrivée : 980 milles. Position : 9°30.709’ Sud – 122°50.335’ Ouest.

Voilà un peu plus d’une semaine que nous naviguons au portant. Le vent est fluctuant, va de 15 à 25 nœuds en fonction des jours, il adonne ou refuse un peu, mais enfin rien de bien méchant. Nous avançons donc plutôt bien et avons parcourus près de 1000 milles cette semaine, soit 1800 km. Les Marquises se rapprochent d’heures en heures de quart, et même si nous ne nous lassons pas de la vue chaque jour, nous serons contents d’arriver, d’apercevoir la terre et d’y mettre le pied. Sentir dans le vent l’odeur de la terre et des plantes. Lorsque nous avons passé les Galápagos, c’était impressionnant, comme le vent était sud-est et que nous passions au nord, nous avons sentis la terre avant même de la voir.

Maurice est revenu aujourd’hui, après une absence d’au moins 7 jours. Maurice c’est le Fou qui nous accompagne. Chez nous il y a les Fous de Bassan, ici nous ne savons pas d’où il est alors on peut dire que c’est un Fou du Pacifique. D’ailleurs ce n’est probablement pas le même que la dernière fois, celui-ci est maladroit à se poser à la proue ou sur le portique, il tombe à l’eau, retente sa chance encore et encore avant de réussir. Nous aimons à penser que c’est le même qui nous suit depuis des milliers de km, sacré Maurice.

Il y a 2 jours Robin a pris une belle Dorade au lancé. Comme à notre habitude et dans un souci de conservation, nous en faisons une moitié le soir, ça fait un beau festin, et nous séchons l’autre moitié pour la manger plus tard.

 

Samedi 3 Juin, 17h00. Vent Sud-Est 15 à 25 nœuds. Allure : grand largue à vent arrière, tribord amure. Vitesse 3 à 5  nœuds. Cap compas 270°-280°. Cap réel 260°-270°. Distance à l’arrivée : 315 milles. Position : 11°318.009’ Sud – 133°39.150’ Ouest.

Nous avons changé d’amure ce matin, pour faire un  peu plus de nord et remonter à la latitude de Fatu-Hiva, l’île ou nous comptons atterrir aux Marquises. Depuis 2 jours, nous prenons grains sur grains. De gros nuages nous dépassent avec leur lot de pluie et de bourrasques. Cela faisait 2 semaines que nous n’avions presque pas touché au gréement et là nous avons dû faire quelques manœuvres, le plus souvent sous la pluie et parfois de nuit. Enfin, nous devrions arriver dans 3 jours, soit mardi 6 juin. Nous sommes heureux d’arriver et en même temps nous dans notre rythme sur le bateau, bercés sans cesse par la houle et le vent. Nous avons nos habitudes et nos occupations. Nos journées sont bien remplies.

Dans 3 jours s’achèvera notre plus grande traversée, de 6500 km ou 4000 milles.

 

Jeudi 8 Juin, 9h00.

Finalement nous arrivons aujourd’hui, suite à ces 2 derniers jours de navigation relativement stressants. En fait, cela fait 5 jours que nous n’avons plus de gaz pour cuire ce que l’on mange. C’est arrivé samedi dernier, le soir, alors que l’on venait justement de pêcher un magnifique thon et que l’on se léchait les babines à l’idée du festin que nous allions faire.

3 jours plus tard, le temps devient hyper défavorable : le vent tombe et les grains s’enchaînent. Ajoutez à cela l’imminence d’une pénurie d’eau (il nous restera 30 litres à l’arrivée) et de gasoil. Nos réserves en nourriture consommable sans cuisson s’épuisent donc nous devons absolument rallier les marquises au plus vite. Le problème c’est que le vent manque et que nous ne pouvons pas faire de moteur, la grosse loose.

Finalement, à 60 milles de Fatu Hiva, le vent revient, avec notre espoir, merci à Poséidon et à son copain Eole. L’arrivée à Fatu Hiva, c’est comme un matin de noël. Nous avons même du mal à fermer l’œil pendant la nuit tellement nous avons hâte de voir la terre à l’horizon… A 3h du matin, nous apercevons les contours de l’île, le père noël arrive !

Au matin, nous découvrons la côte, une forêt luxuriante, de grandes falaises. Des odeurs nous parviennent, des odeurs que nous avions oubliées depuis 45 jours, la terre, les fleurs. Le décor est vraiment digne de film, un peu comme l’île perdue de King Kong et nous le contemplons de longues minutes, en sirotant du café froid, parce que nous n’avons plus de gaz. Cela reste tout de même un très beau matin de noël.

 

  • Distance parcourue : 4000 milles nautiques, depuis Venao au Panama jusqu’a Fatu Hiva aux Marquises.

  • Vitesse moyenne : entre 4,5 noeuds et 5,5 noeuds. Beaucoup moins dans les orages et les courants…

  • Nombre de jours en mer : 45 exactement , ça peut paraître long et ça l’était parfois. Mais bon c’était génial.

  • Nombres d’oeufs pondus par Marcelle et Hardie : 28.