Expédition Sailing for Change, c’est PARTI !

Ça y est, nous avons largué les amarres. Nous avons hissé les voiles pour la première fois ensemble, tous les 4 sur le nouvel Ekolibri. Ça y est, c’est parti pour 2 ans d’un tour du monde que nous préparons depuis plus d’un an et demi.

Le départ, c’était génial. On était  un peu dans le jus, voire dans le bouillon, comme à notre habitude, mais il a fallu y aller, aussi prêt que l’on pouvait l’être. Nous étions tous les 4 très ému de dire au revoir à nos proches, parents, frères et sœurs, petites amies. Honnêtement, c’était vraiment un des moments les plus émouvants de notre vie. Avec en plus le père de Brendan qui jouait de la cornemuse sur le bateau de Daniel (grand-oncle de Brendan) en nous accompagnant, c’était comme on dit « la cerise sur le gâteau ». Il y avait aussi les marins d’Ecosailing Project, Martin et Béranger pour nous accompagner. Ils descendrons avec nous jusqu’à Lisbonne pour convoyer leur bateau Amasia.

Voilà, nous avons pris la mer pour rejoindre notre première escale Lisbonne. Nous décidons  de mettre le cap sur le passage du Beniguet au nord-ouest de Houat puis de longer la côte sud de Belle-Ile. Ensuite, tout droit jusqu’au cap « Finisterre », pointe nord de l’Espagne. Première nuit et première journée nous ne sommes vraiment pas en grande forme. Il y comme un grand relâchement qui s’abat sur nous, le stress du départ qui retombe, la « pression » de cette longue préparation qui se dissipe avec l’arrivée de la fatigue. En gros on est bien rincé et on passe tour à tour la tête par-dessus le bastingage pour nourrir les poissons. Tous sauf Igor, qui tient la marée en bon capitaine.

Une fois cette épreuve derrière nous, tout va mieux, le temps est clément, il y a du vent et le bateau avance bien, nous nous reposons. Tout se passe pour le mieux et nous passons notre temps à ajuster le bateau, essayer des choses, réfléchir à notre organisation et surtout, apprendre de Maunoir, un jeune skipper belge qui nous a rejoint pour le départ et ce jusqu’à Lisbonne.

Quand nous passons au large du cap Finisterre, le mardi, nous profitons d’une belle houle qui nous pousse de trois quart arrière. Il y a du vent, ça bouge, c’est sympa. Les poules sont bien tranquilles, chacune de son côté. Elles pondent d’ailleurs, trois œufs au total pour cette première traversée. On trouve ça vraiment bien, sachant qu’elles ne sont que mousse et naviguent pour la première fois.

Le lendemain le temps est beaucoup plus calme et le matin, au soleil et sous spi, nous nous amusons à pêcher, au seau s’il vous plait, de petites crevettes qui flottent à la surface. Robin puis Igor se placent en figure de proue et annoncent « bâbord » ou « tribord » afin que Maunoir et Brendan, an arrière, balancent leurs seaux à l’œil ! Bilan, 7 crevettes à la casserole, on a bien rigolé. Dans l’après-midi, nous réussissons, à force de gesticulations, à faire sonner sa corne de brume à un cargo qui nous croise sur tribord à quelques centaines de mètres. Sur Ekolibri, on devient fou, c’est trop la classe.

La suite de la traversée se passe sans encombre. Comme nous naviguons à une cinquantaine de milles de la côté portugaise nous croisons beaucoup de cargos et paquebots, mais surtout des cargos. Il y a d’abord le «Rail » qu’il faut traverser en face du cap Finisterre. Le « Rail », c’est le chemin qu’empruntent tous les grands navires qui montent ou descendent entre l’Europe, le détroit de Gibraltar et l’Afrique. Autant dire que c’est l’autoroute, de jours comme de nuit, il ne se passe pas 1h sans qu’il y ai au moins un bateau en vue, parfois c’est 4 ou 5.

Au matin du vendredi, Lisbonne est sur notre bâbord, nous sommes content que tout se soit bien passé et avons hâte de prendre une douche. Amasia nous rejoint dans l’embouchure du fleuve « Taje », nous voguons bord à bord et comparons nos routes respectives jusqu’ici, ils nous ont précédé de 10h. Nous allons ensuite nous mettre à quai à la Marina Expo, sous la pluie !

Retrouvez ci-dessous l’itinéraire de notre expédition