Adeus Saõ Miguel

Ça y est, notre escale aux Açores tire à sa fin.

Après les derniers préparatifs et une petite surprise avec la pompe de cale – qui à l’inverse de sa fonction,  se met à remplir le bateau d’eau –  c’est la séquence émotion avec le départ de Robin qui rentre en avion via Porto. Robin est désormais intronisé Marinheiro do alta mar (marin de la haute mer) à l’effigie de chez « Peters », légende des Açores.

C’est à regret que nous quittons l’archipel car l’escale fut de courte durée, mais les nouvelles infos météo sont formelles, la fenêtre météo pour rentrer en Bretagne semble la bonne, si nous ne voulons pas rester scotchés à Ponta Delgada trop longtemps.

 Lundi 20 Juin

Nous longeons l’île de Saõ Miguel par la côte sud, toujours éblouis par sa beauté.

Ces îles volcaniques qui surgirent du milieu de l’atlantique, là où les plaques tectoniques se séparent, s’élèvent si haut au-dessus de l’océan (1100 m à Saõ Miguel et 2352 m à Pico) sont si escarpées et verdoyantes que les maisons qui s’y nichent paraissent toutes petites.

Le contraste de ces hauteurs avec les profondeurs abyssales à quelques miles de là, où les fonds plongent à 4000m, nous donne le frisson mais sont célébrées par de très nombreux cétacés, cachalots, dauphins et baleines.

Après une première nuit et la journée du lendemain où nous avançons par un vent de Nord à 5 nœuds, la dépression prévue nous arrive dessus. Le vent forcit de 12 à 28 nœuds et nous oblige à de fréquents ajustements de voilure.

Jeudi 23 Juin.

Heureusement dès le Jeudi, comme pour nous récompenser de cette navigation un peu contraignante, nous rencontrons de très nombreux dauphins et nous croisons la route de superbes cachalots, tout près du bateau, à 7 reprises, c’est tout simplement fantastique.

Les cachalots sont tranquilles mais réellement impressionnants, imposants par leur masse grise et leurs immenses fronts si caractéristiques. C’est particulièrement émouvant quand leur regard croise le nôtre.

Au fond de leurs yeux  se reflète l’ombre de Moby Dick, à ce moment  nous n’avons pas la moindre envie de ressembler au capitaine Achab !

C’est vraiment incroyable, nous n’avons jamais vu autant de vie sur l’eau. La nuit suivante, nous entendrons le souffle puissant, à plusieurs reprises, d’une baleine (Rorqual) que nous apercevrons furtivement car seul le haut de son dos émerge de l’eau.

Les jours suivants (Vendredi 24 et Samedi 25) nous avons au menu : du temps gris, une mer désordonnée et toujours du vent de Nord-Est qui va en forcissant la nuit. Même avec la houle qui devient plus régulière, cela rend les quarts harassant.

A partir du 28, le vent passe au Nord, de 15 à 20 nœuds. Nous apercevons notre deuxième baleine (Rorqual) à 100 m du bateau, elle est plus longue qu’Ekolibri et son souffle puissant monte à 2 ou 3 mètres de hauteur.

Nous sommes à 325 miles de la Bretagne et filons à 7 nœuds de moyenne.

Lundi 6 Juin.

C’est seulement les deux derniers jours que nous touchons les Westerlies (vents d’Ouest) et nous croisons de très nombreux cargos qui se dirigent ou viennent du rail d’Ouessant.

Le Jeudi 30 Juin et le Vendredi 01 Juillet nous voient enchaîner les surfs, le record du quart est battu par Danielle qui enfile à plusieurs reprises des envolées à plus de 10 nœuds. Il n’y a rien à faire, à croire qu’elle à ça dans le sang, la vitesse.

Nous apercevons la terre, en discernant l’ile de Groix après 12 jours de mer et des quarts bien remplis par de fréquents changements de vent. Nous arrivons dans la nuit du Vendredi 01 Juillet à Belle île où nous prenons un coffre à Palais à 4h du matin.

Nous rentrons dans le Morbraz le samedi avec la marée de vives eaux et un bon vent d’ouest par la passe des Béniguet, émerveillés de voir tant de voiliers naviguer dans la baie, après 12 jours en haute mer où nous n’en avons pas vu un seul.

Le Samedi 02 Juillet, Ekolibri devient enfin Breton en s’amarrant au port du Crouesty. Sa métamorphose va bientôt commencer, de nouveaux apparats afin  d’être prêt pour le zéro déchet et un tour du monde de 2 ans.

  

Ekolibri à bientôt, la prochaine fois ce sera cap à l’ouest, toujours à l’ouest…