Carthagène, Espagne – Dimanche 29 Mai.

Au matin, le contraste avec la veille est bien agréable, légère brise tiède, plein soleil et mer transparente. On distingue facilement le fond par 7 m. Il y a du sar, nous envoyons nos miettes du petit déjeuner qu’ils viennent rapidement gober.

Nous levons l’encre, qui a très bien tenue d’ailleurs, malgré le vent et les vagues, baptême réussi pour notre ancre SPADE! Nous mettons le moteur et longeons la côté vers Carthagène, vent dans le nez et houle sympathique qui nous éclabousse par moments. C’est un peu long mais la côte est belle, très escarpée.

Arrivée super laborieuse à Carthagène, c’est étroit, il y a du vent et le type du port est pas aidant pour 2 copecs. Du coup on se trompe de place, on est obligé de se déplacer et là c’est « Hard time » pour Serge, On manque d’arracher le balcon d’un bateau  sur le quai d’en face. Bon, pas de casse, on est bien arrivés et on a une super vue sur le « Royal Princess », Paquebot d’à peu près 3000 passagers.

Après une bonne douche qui fait vraiment trop plaisir, nous prenons l’apéro et allons manger des tapas en ville. Le centre-ville est très jolie, assez riche de constructions. Les tapas sont excellents et il y a du monde à se balader, c’est vraiment sympa.

Lundi 30 Mai.

Départ prévu au matin. Je pars chercher un shipchandler, nous avons besoin d’un bout pour l’enrouleur de génois et de 2 poulies pour les écoutes de trinquette. Et bim 150€. Tout ce matériel pour la voile est vraiment hors de prix.

A 10h, il fait vraiment chaud. Nous avons nettoyé le bateau la veille et nous rangeons tout ce matin. Avant de partir nous passons faire le plein de gasoil. Il y a la queue et nous attendons peut-être ¾ d’heure. Cela nous permet de rencontrer un hollandais très sympa, qui navigue seul pour retrouver sa femme (qui n’aime pas la voile) à Ibiza. Bref, full gasoil et go !!

A 1 3h, toutes voiles dehors. La navigation est vraiment agréable tout l’après-midi. Nous longeons la côte sud espagnole au près, bâbord amure, à 8 nœuds. Il fait chaud et même si l’air est frais ça nous permet, surtout à moi et Danielle, de travailler notre bronzage. Le vent tombe au coucher du soleil, nous mettons au moteur et c’est parti pour une nuit de Volvo Penta. Mon premier quart est de 22h à minuit, je me prépare.

Dans la nuit, nous passons les phares de « Aguilas » et « Garrucha », puis « Carboneras » et le « Cabo de Gata », le cap et phare de Gata. Nous croisons aussi plusieurs bateau de pêche. Il faut toujours être vigilant car dans la nuit, les distances sont difficiles à évaluer.

Mardi 31 Mai.

Toute la journée du lendemain, nous la passons au moteur. C’est pétole, c’est comme ça, il faut ramener Ekolibri. Cela dit l’allure n’est pas désagréable et le temps est magnifique. Nous longeons toujours la côte et passons au large de Almeria, Adra puis Motril. Nous arrivons à apercevoir au loin les neiges du « Pico de Mulhacen » qui culmine à 3481m. Toute la côte est parsemée de serres pour la culture intensive de tomates, concombres, etc.

Nous espérons que les prévisions de Windity vont s’avérer exactes : du vent vers 11h, de quoi remettre à la voile, se reposer les oreilles et voguer sereinement vers Gibraltar. Nous avons 2 options : soit tirer directement vers Gibraltar car les vents vont être favorables à priori, est nord-est à 10-15 nœuds, soit faire escale à « Benalmadena », un port que nous a indiqué le hollandais de Carthagène et qui a été classé plus beau port du monde. Danielle ne veut pas rater ça et Serge rêve de Gibraltar. Tout le dilemme est là.

Comme les conditions pour passer Gibraltar sont bonnes pour jeudi, nous allons normalement tirer directement vers le détroit, tant pis pour Benalmadena. La priorité, rallier la Bretagne, Danielle le sait aussi.

Nous avons revu des dauphins. Ce matin pour Serge et Danielle, et puis ce soir, juste avant de manger, il y a eu 3 dauphins à venir jouer dans l’étrave. C’est toujours un vrai spectacle. Le paysage est montagneux et le coucher du soleil est magnifique, comme celui d’hier.

Mercredi 1er Juin. 

6h, fin de mon deuxième quart de nuit. Un des plus chouettes jusqu’à maintenant, même si c’était au moteur. Nous nous situons au sud-est de Malaga et l’aube dessine les crêtes de la « Sierra de Nevada ». Toute la côte est encore illuminée mais la voie lactée que je voyais il y a ¼ d’heure a disparue. J’ai 6 dauphins à venir jouer dans l’étrave, pendant plus de 10 minutes. C’est génial. Je bloque la barre pour aller voir ça et j’ai dû faire quelques aller-retours pour maintenir le cap. Je peux presque les toucher en tendant la main, allongé sur le pont. Leur nage est superbe, se croisant les uns les autres pour prendre la meilleure place au nez d’Ekolibri. Un des meilleurs quarts que j’ai eu à faire je vous dis.

La journée est très chaude et nous passons le plus clair de notre temps à lire, discuter et bronzer, voguant vers Gibraltar.

Et puis au milieu de la journée, l’alarme du moteur qui se met en route. Bizarre, nous continuons un peu. Alarme encore. Maintenant il y a de la fumée à sortir du compartiment moteur. Ca sent la vapeur d’eau, c’est une surchauffe. Après avoir laissé refroidir, je commence un check du moteur.

Pendant ce temps, nous mettons le cap sur Malaga (et Benalmadena), en prévision d’un pépin important.

Pour commencer, plus de liquide de refroidissement. C’est un bon indice pour la cause de la surchauffe. J’entre ensuite dans le compartiment et je vérifie le presse-étoupe, l’inverseur. Comme il y a pas mal d’eau à la cale, je cherche la cause. On remet en marche pour voir si le presse-étoupe prend plus d’eau quand ça tourne. Et là je vois que l’inverseur a anormalement du jeu. Surprise, je découvre que sur 6 boulons qui fixent l’inverseur au reste du moteur, seulement 1 est bien boulonné, 1 est sur le point de tomber et je retrouve les 4 dernier au fond de la cale. Super, ça ne sent pas bon du tout. L’escale à Malaga est vraiment nécessaire, on pourra faire venir un mécanicien.

Jeudi 2 Juin. 

Le constat du mécanicien, Carlos, est sans appel, le moteur à était mal monté, certainement pas dans le bon axe. Il y a donc un jeu qui se créer, même infime, et ça suffit pour faire sortir les boulons 1 à  1. Le mieux serait de sortir le moteur, tarauder de nouveaux pas de vis. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre ce temps-là, ni de dépenser une somme aussi importante. Carlos nous conseille d’être vigilants si nous continuons comme ça, de vérifier régulièrement le serrage des boulons. A partir de maintenant nous allons être obligés d’utiliser le moteur avec modération. Heureusement que nous allons passer en atlantique, il y aura du vent plus abondant normalement.

A part ça la batterie de bord n°1 est bien morte, c’est ça qui puait l’œuf pourri lorsque nous mettions le moteur et donc la batterie en charge. Nous devons la remplacer et c’est une batterie spéciale, ça vous fera 190 € s’il vous plait.

Sinon nous profitons de cette escale technique pour quand même visiter le « plus beau port du monde ». Après quelques minutes de marche, il faut se rendre à l’évidence, nous avons était mal aiguillé. Benalmadena est en fin de compte une station balnéaire pour tourisme de masse, on voit un peu de tout, mais surtout des anglais. On rigole bien quand même, il y a vraiment de quoi.

Au soir, nous cherchons un restaurant a tapas, loin du bord de côte surabondé de rosbeef littéralement cramés par le soleil accompagné de bimbos à talon. Nous trouvons un petit restaurant en remontant vers le centre-ville, sur la « Plaza Olé ». Nous mangeons vraiment bien et le vin est excellent, les serveuses sont également super sympa. Ça fait tellement du bien de se poser un peu après ces soucis techniques et en marge de cette jungle fourmillante.

Vendredi 3 Juin. 

Nous nous préparons à repartir après 2 jours d’une escale au cœur de cette station balnéaire démesurée. Nous avons raté la fenêtre d’hier pour passer le détroit, maintenant il faut attendre mercredi prochain. Nous  allons remonter tranquillement jusqu’à Gibraltar, vent dans le nez mais ce n’est pas grave, au moins il y a du vent et nous pourrons épargner le moteur.