La traversée Port Gardian, France – Fornells, Baléares

Premier quart pour moi de 22h à minuit. Deux cargos nous croisent par l’arrière. Ils passent près, peut-être 1 mile et demi, c’est impressionnant dans la nuit. Comme nous ne sommes pas sûrs que le feu de hune fonctionne, nous allumons parfois la grand-voile avec le spot pour se rendre visible, on ne sait jamais.

Peu avant minuit, un dauphin revient jouer au clair de lune par bâbord. Je n’ai jamais vu ça, un moment unique. Fin du 1er quart, nous avançons toujours à 7-8 nœuds par un vent d’ouest sud-ouest.

2ème quart à 4h. Quand je monte sur le pont, il y a un autre cargo à bâbord, qui fait route dans notre sens. Est-ce qu’il nous a vus ? Nous allumons la voile au spot. Finalement il se détourne un peu et passera loin devant nous, sous le clair de lune. La fin de quart est tranquille, quoique un peu stressante du fait de ces cargos. Et il faut descendre éteindre l’alerte AIS pour ne pas réveiller les autres. Levé du soleil à 6h, super, rien n’entrave cette vue, c’est immense. Un thé un yaourt et hop ! 4h de repos bien mérités.

10h. Le vent a tourné et nous naviguons au près maintenant. Nous sommes sur le même bord depuis port Gardion, mais nous sommes trop à l’est, il faudra virer d’ici 2 ou 3 h. Pas grand-chose en vue, une branche qui passe, perdue toute seule au milieu de la méditerranée. Il fait très beau, chaud, et il y a du vent, 10-12 nœuds. Finalement nous virons à 15h. Nous tirons ce nouveau bord pour 30 miles normalement, à l’ouest. Nous ferons ensuite 30 miles au sud, et bienvenue aux Baléares.

Nous avons branché le pilote automatique, il marche bien, nous l’avons appelé José. C’est drôle de voir Ekolibri suivre le cap sans personne à la barre. Par contre le hublot à l’avant fuit, le joint est mort, il faudra changer ça.

Samedi 21, 20h – minuit. Nous choisissons de faire des quarts de 1h chacun pour commencer. Pour moi c’est de 22h à 23h. Vers 22h30, j’entends des « Psssshh » au couchant, je cherche. J’aperçois des jets à 500 mètres. J’appelle Serge et Danielle. D’après Serge, ce sont soit des grands dauphins, soit des globicéphales. C’est génial de voir ça de ses propres yeux, au milieu de la mer. Et au soleil couchant par-dessus ça.

Sinon le vent à forci. Nous avançons au près et au cap. La lune est pleine, elle illumine la mer et Ekolibri marche du feu de dieu. Serge sort pour prendre son quart et on diminue le génois pour le ménager, il a de la route à tenir jusqu’en Bretagne.

A 2h, un peu après ma prise quart, Danielle découvre de l’eau sous les planchers à l’avant, ça déborde. Ce sont soit les toilettes qui fuient, soit le passe coque du sondeur. En fait c’est le passe coque. Ça craint, il y a une fuite. Il faudra aviser de la marche à suivre une fois arrivé à Minorque..

De 2 à 4h, je fais mon quart à vue du phare de Caballeria, sur la côte de Minorque. Bien fatigué, je suis bercé par les vagues arrivant de face, nous sommes toujours au près.

6h, terre en vue. Nous apercevons les grandes falaises de Minorque. Nous entrons dans la baie de Fornells, mouillons l’encre. Nous dormons jusqu’à 13h30, repos salvateur. La chaleur nous réveille alors, bienvenue aux Baléares.

L’arrivée au port est un peu sportive, amarrage au quai par l’arrière et donc manœuvre pas évidente pour Serge, mais ça se passe super bien, sous la pluie, comme le crachin de chez nous. On se met d’abord à couple d’un bateau qu’on avait doublé pendant l’après-midi et qui nous avait repris au moteur juste avant l’entrée au port. C’est un couple, ils nous ont bien aidé pour l’amarrage, la chance!!

Les Baléares – Dimanche 22 Mai -> Mardi 24 Mai.

Nous faisons un tour dans Fornells, ses petites rues calmes, sa tour et ses cafés. C’est sympa et paisible. Il fait beau et chaud avec quelques moments de frais, quand le soleil se cache.

Vers 21h30, un vent du diable s’est levé et nous avons dû lâcher un peu de chaîne à l’encre pour assurer le coup. C’est assez fou, il y a 3h il faisait une chaleur presque étouffante, pas un brin de vent, et maintenant il y a plus de 30 nœuds, c’est bluffant !

Le lundi après manger, nous nous préparons pour partir vers Mahon. Il faut que nous fassions les courses la-bas et nous devons trouver un shipchandler pour cette histoire de fuite et pour le hublot de l’avant. Au moment de partir, le point mort à la manette du moteur ne fonctionne plus. Quand on met les gaz en avant, ça s’emballe ! Heureusement qu’on est encore à l’encre. Un aller-retour à la manette et ça se débloque. C’est chaud. Je descends dans le moteur pour essayer de débloquer le point mort. Ça fonctionne. Nous démontons la manette pour découvrir que le côté femelle et complètement foutu. Un truc de plus à gérer une fois rendu à Mahon.

Nous prenons la mer et sortons de la baie par une houle bien formée, 2 mètre au plus par moment. C’est trop marrant de monter et descendre. Nous mettons le cap vers Mahon, mais vu la proximité de la côte et le vent de face, nous sommes obligé de marcher au moteur. Nous espérons tirer au moins un bord ou deux après le cap (et phare) Favaritx. En fin de compte impossible de hisser, le vent nous vient toujours dans le nez. La côte n’est faite que de hautes falaises, aucune plage en vue.

Nous arrivons dans la baie de Mahon Vers 19h, c’est très jolie et très vaste, la ville est étendue tout au long de la baie. Nous cherchons une place à quai et tentons de nous amarrer dans une marina privée, il y a une place de libre. Aux alentours de 22h, un voisin nous prévient que la place est occupée et que les locataires peuvent revenir le lendemain matin d’un moment à l’autre. Le lendemain, on nous signifie gentiment que c’est privé et qu’il faut dégager. Nous partons donc à la « Marina Minorca » plus au fond de la baie.